LES CISTERCIENS

 

PORTFOLIO LES MOINES DE TIBHIRINE

 

 

 

Les Cisterciens se rattachent directement a la règle de Saint Benoît. Comme les Bénédictins, ils définissent leur attachement a Dieu par une vie de prière, de contemplation et de travail. Les différences remontent a la création de l'ordre en 1098 par Robert de Molesme, fondateur de Citeaux, puis saint Bernard, fondateur de Clairvaux. Ces fondations s'inscrivent en effet dans un très vaste mouvement de retour aux sources et de recherche de pureté spirituelle qui s'exprime a cette époque. Ces moines vivent dans des Abbayes sous l'autorite du Père Abbé, signe visible de la présence de Dieu.

 

 

 

 

 

Il existe deux grandes familles de Cisterciens. Les Cisterciens de la commune observance; deux Abbayes en France:Lerins et Senanque. Les Cisterciens de la stricte observance, appelles "Trappistes", car issus de la reforme de la Trappe en 1660 par l'Abbé de Rancé. Ceux-ci remettent en vigueur la prière,le silence et la solitude,se rapprochant alors des règles fondamentales du monachisme cistercien de saint Bernard. Ce sont les Abbayes de Citeaux, Port du Salut, la Trappe, Bellefontaine, Melleray, Aiguebelle, Sept-Fons, Timadeuc, Oelenberg, Bricquebec, Notre-Dame des Neiges, Monts des Cats, Tamié, Acey, Notre Dame des Dombes, et Sainte Marie du Desert. On compte aujourd'hui dans le monde 3000 Cisterciens repartis dans 88 monastères dont 600 en France repartis dans 16 communautés.

DES MONASTERES MASCULINS ET FEMININS


L'Ordre a cette particularité de compter en son sein des maisons masculines et des maisons féminines. Les moniales ne forment pas un second Ordre, comme en d'autres traditions, dominicaines, par exemple, ou franciscaines. L'Ordre est un. Tellement un que, jusqu'en 1970, le Chapitre Général, composé uniquement d'abbés, gouvernait aussi bien les moniales que les moines. Alors que le rôle de la femme s'affirmait très justement à égalité avec celui de l'homme, il fallait que les moniales aient leur mot à dire dans les décisions qui les concernaient. A trois reprises, en 1958, 1964 et 1968, l'Abbé Général dom Gabriel Sortais prit l'initiative de réunir les abbesses pour qu'elles puissent au moins exprimer leurs souhaits, mais il revenait encore au Chapitre Général des abbés de les entériner en leur donnant force de loi. L'Ordre demanda que les abbesses soient autorisées à participer aux Chapitres des abbés et à délibérer avec eux, mais le Saint-Siège, en date du 15 juillet 1970, préféra qu'elles aient leurs propres réunions pour établir leur législation. Cette réponse créa d'abord un certain trouble dans l'Ordre : ne nous poussait-elle pas à la séparation ? En réalité l'expérience aboutit quelques années plus tard, dans les Constitutions approuvées en 1990, à des solutions qui respectent à la fois l'unité de l'Ordre et la spécificité de chaque partie.

Se réunir toujours en deux assemblées distinctes, certes, pouvait comporter le risque de voir se creuser un fossé entre les uns et les autres, ou, à l'inverse, celui que l'une des branches suive sans cesse l'autre, sans pouvoir se faire entendre ni prendre sa part de responsabilité. Mais la réunion de tous en un même chapitre aurait pu entraîner, par la simple inégalité du nombre des voix, une influence prépondérante des hommes. D'autre part les besoins des uns et des autres sont-ils toujours les mêmes ? Faut-il forcément adopter des solutions communes et égalisatrices ? La solution retenue depuis 1987 consiste en ceci : canoniquement il y a deux Chapitres Généraux, chacun étant autorité suprême dans l'Ordre pour sa partie, mais ils peuvent débattre ensemble: on parle alors de "Réunion générale mixte". De plus, pour ce qui touche les grandes orientations monastiques, les observances principales et la structure de l'Ordre, les décisions sont inter-dépendantes, c'est-à-dire que celles d'une partie doivent avoir l'aval de l'autre pour devenir loi. La discussion en commun permet d'entendre les avis des uns et des autres et de se forger des convictions communes. Mais la séparation des votes permet à chaque partie de se rendre compte de ce qu'elle souhaite pour elle. Dans les questions de moindre importance, seule une consultation réciproque est requise, chacune des parties ayant l'autorité suffisante pour adopter ce qu'elle désire à son niveau. De plus abbesses et abbés élisent le même Abbé Général qui présidera et le Chapitre des abbés et celui des abbesses. Là encore les voix ne se mélangent pas : l'élu doit avoir recueillit la majorité de chaque côté.

 

 

Nous trouvons donc une quasi-égalité de tous face au pouvoir, mais sans confusion ni séparation complète. N'est-ce pas une formule originale pour concilier les rôles des hommes et des femmes dans la direction des affaires, qui peut inspirer d'autres structures ecclésiales, voire sociales et politiques ?...

Abbés et abbesses ont aussi leurs propres Commissions centrales de préparation des Chapitres Généraux, qui travaillent toujours ensemble. Elles font office de conseil élargi de l'Abbé Général quand elles sont réunies. Entre temps l'Abbé Général est assisté d'un conseil permanent de quatre membres. Il est question d'y inclure des moniales avec plein droit de vote.

Les abbayes ont entre elles d'autres rapports que ceux qui s'établissent à travers les Chapitres Généraux. Chacune est en dépendance directe de celle qui l'a fondée (par essaimage) et qui est devenue dès lors sa maison-mère. Nous ne sommes pas regroupés en province et encore moins en Congrégations, mais en maisons-mères et maisons-filles, qui peuvent à leur tour devenir mères. C'est le système de la filiation. L'abbé de cette maison est le supérieur direct, immédiat, de l'abbé de la maison-fille: d'où son nom de Père Immédiat. Son autorité - assez limitée - s'exerce surtout à travers la Visite Régulière qu'il accomplit au moins tous les deux ans, au cours de laquelle il écoute chaque moine tour à tour et s'entretient avec la communauté des mesures éventuelles à promouvoir pour une meilleure régularité.

Les monastères de moniales ont la même structure que ceux des moines. Cependant les abbayes ne se rattachent pas directement à leur maison fondatrice, mais à une abbaye plus ou moins proche de moines, qui est ainsi leur maison-mère. Ceci de façon à ce qu'elles soient sous la juridiction d'un Père Immédiat qui soit prêtre. Le Père Immédiat assure de droit la Visite Régulière, mais il doit, une fois tous les six ans, déléguer quelqu'un d'autre pour la faire et l'Ordre vient de décider récemment que ce pourrait être une abbesse: à ce niveau aussi nous évoluons vers une intégration plus grande des structures masculines et féminines de l'Ordre.

Au-delà de ces liens d'ordre juridique, il existe, bien sûr, toutes sortes de rapports entre membres d'abbayes d'une même région, dans le but de s'entraider. Des réunions informelles s'organisent entre ceux et celles qui ont des responsabilités semblables, comme aussi entre les jeunes en formation. Il serait utopique cependant de penser qu'on en arrivera un jour à des communautés mixtes.

L'Ordre est mixte, non chaque communauté.

 

FRERE THEOPHANE

 

 

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BRUNO ROTIVAL

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